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Chronique politique franco-algérienne

Actuellement les productions traditionnelles disparaissent au profit de la réalisation de coffrets, d'objets-souvenirs [ ] et de petits articles comme les ustensiles de cuisine, par exemple les cuillères et les tabaqit une sorte de djefna [ ]. Le bâtonnier de Paris, Dominique de la Garanderie, s'est inquiétée des "conditions d'organisations de ce procès", rendu possible par un texte de loi "sur mesures" voté le 29 décembre pour permettre la tenue d'audiences antiterroristes hors du Palais de Justice de Paris.

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Près d'un demi-million de personnes ont fui le pays et, à l'intérieur, l'exode massif provoqué par l'insécurité et les déplacements forcés de population, sont encore plus importants. De nombreux témoignages ont permis d'établir qu'une grande partie de ces violations était le fait des forces de sécurité. Par ailleurs, les populations civiles ne sont pas protégées, les responsables de ces crimes ne sont pas poursuivis et aucune enquête judiciaire sérieuse n'a jamais été diligentée.

De plus en plus d'éléments accréditent l'hypothèse d'une implication au plus haut niveau des autorités dans les massacres et les disparitions forcées. Deux livres parus en octobre et février font ainsi état de graves accusations à l'encontre du commandement de l'armée.

Le premier, Qui a tué à Bentalha? Malgré la présence à proximité d'unités de l'armée, celles-ci ne sont pas intervenues pour neutraliser les assaillants et protéger la population. De nombreux indices montrent que ce massacre n'a pu avoir lieu sans l'implication active d'une partie des forces de sécurité. Dans le second témoignage, celui de Habib Souaïdia, il s'agit cette fois de preuves directes et précises de cette implication.

Cet ancien officier des forces spéciales, engagé de à dans la lutte anti-terroriste, décrit dans son livre, La sale guerre, les méthodes employées par l'armée dans ce qui se révèle être une véritable stratégie de la terreur: Avec ces témoignages, l'hypothèse d'une implication de la haute hiérarchie de l'armée dans des crimes contre l'humanité et dans l'entretien de la terreur islamiste est suffisamment étayée pour que l'exigence d'une commission d'enquête internationale, rejetée depuis des années par la communauté internationale, ne soit plus discutable.

Car il est pour le moins fallacieux de ne pas reconnaître des faits établis par de si nombreux témoignages, sous prétexte qu'il n'existe pas de preuve juridique.

Comment fournir, en effet, des preuves en l'absence d'enquête crédible? Et comment engager une enquête indépendante et impartiale dans un État de non-droit? De ce point de vue, le cas algérien n'a rien de spécifique, et il y a lieu de lui appliquer les mêmes principes du droit international que ceux qui ont été mobilisés contre d'autres dictatures de ce type Chili, Argentine, Salvador, Guatemala, Serbie, etc Comme pour ces pays, la démocratie et l'État de droit ne seront possibles en Algérie que si l'on arrive à une solution politique du conflit, passant par un dialogue selon des règles clairement établies, n'excluant aucun des courants politiques qui rejettent la violence.

Face à cette situation d'une gravité extrême, les habituelles condamnations frileuses de la violence et les déclarations d'ordre général sur le respect des droits de l'homme ne sont plus de mise. Et pour cela obtenir le châtiment pénal de ceux, quels qu'ils soient, qui en sont responsables.

Le gouvernement français n'a-t-il pas trop longtemps soutenu la politique algérienne, qui, sous couvert de lutte anti-terroriste, n'est rien d'autre que l'éradication, tant politique que physique, de toute opposition, se traduisant dans les faits par l'extermination de populations civiles?

La France a joué un rôle décisif dans la mise en place de la machine de guerre en Algérie: Par ailleurs, la signature en janvier dernier entre l'Union européenne et l'Algérie, d'une convention relative à la lutte anti-terroriste, avant même que n'ait abouti la négociation d'un accord d'association englobant le respect des droits de l'homme et la promotion des principes démocratiques, montre bien que l'Algérie continue de bénéficier d'un traitement spécifique, en contradiction avec les principes de la Déclaration de Barcelone.

Jusqu'à présent, l'administration et la diplomatie françaises ont joué un rôle actif et militant pour empêcher toute condamnation de l'Algérie et s'opposer à l'envoi de rapporteurs spéciaux. Nous sommes à la veille de l'ouverture de la prochaine session de la commission des droits de l'homme des Nations Unies.

Au vu de l'ampleur et de la gravité des faits, l'Algérie devrait non seulement être sévèrement condamnée, mais des rapporteurs de l'ONU sur les droits de l'homme devraient impérativement y être dépêchés. Les deux livres publiés à La Découverte ne sont qu'un des éléments d'un lourd dossier, largement documenté par des rapports et témoignages accablants accumulés depuis des années. Pour ne citer que des affaires concernant directement l'Union européenne, l'implication des services algériens est suffisamment étayée par de nombreux témoignages et analyses enlèvement des fonctionnaires du consulat français à Alger ; assassinats des moines de Tibehirine, des sept marins italiens, de Mgr Claverie ; révélations de la justice britannique sur l'implication des services algériens dans des actions terroristes en Europe ; procès controversés en France des présumés terroristes islamistes, etc.

Le voyage du ministre français des Affaires étrangères à la veille de la session de la commission des droits de l'homme risque de servir encore une fois à cautionner un régime coupable des plus graves crimes, à étouffer les efforts de tous ceux qui se battent pour que la vérité éclate enfin et que paix et justice soient faites en Algérie. Alors même que les autorités algériennes crient à l'ingérence lorsqu'il s'agit de leur demander de respecter leurs engagements en matière de respect des droits de l'homme, elles n'hésitent pas à utiliser l'aide et le soutien de leurs partenaires étrangers pour imposer leur politique d'éradication et de déni du droit.

Nous tenons à interpeller avec fermeté le gouvernement français pour lui dire que nous sommes nombreux, en Algérie, en France et en Europe, à considérer que sa politique algérienne ne relève plus de relations ordinaires entre deux États, mais d'une véritable complicité de crimes contre l'humanité.

Nous aurions, me semble-t-il " contre l oubli ", un premier devoir: Pensons d abord a la destinee - chaque fois unique et irremplacable - de ceux et de celles a qui on a denie le droit a la parole et au temoignage et qui ont eu a souffrir l' injustice dans leur vie, parfois dans leur honneur. Pensons a la machine qui les a ainsi broyes, a l'ignominie de certains individus, de certaines forces sociales, de certains appareils etatiques ou policiers.

A chacune des victimes, toujours au singulier, a tous ces " disparus ", nous devons epargner ce surcroit de violence: Mais un autre devoir, je le crois, est indissociable du premier: En general et cette fois au-dela des singularites exemplaires. Les crimes en question, les censures, les amnesies, les refoulements, la manipulation ou le detournement des archives, tout cela signifie un certain etat de la societe civile, du droit et de l Etat dans lesquels nous vivons.

Citoyens de cet Etat ou citoyens du monde, au-dela meme de la citoyennete et de l Etat-nation, nous devons tout faire pour mettre fin a l inadmissible. Il ne s agit plus seulement alors du passe, de memoire et d oubli. Nous n accepterons plus de vivre dans un monde qui non seulement tolere les violences illegales mais viole la memoire et organise l amnesie de ses forfaits. Notre temoignage critique doit transformer l espace public, le droit, la police, la politique de l archive, des media et de la memoire vive.

Et il doit le faire en passant les frontieres nationales. A chaque nation des dates mémorables, des stations qui imposent un moment d'arrêt car véhiculant toute sa grandeur et étant des repères glorieux de son histoire. A chaque nation des moments forts, des moments de gloire et de fierté car ses enfants ont grave, tout au long de son histoire, leurs hauts faits que le temps ne saura effacer.

L'Algérie, à l'instar des autres pays, est une nation riche de ces moments si nombreux au point de constituer les perles luisantes d'un collier qui illumine les cieux de l'humanité. Si l'humanité devait se dévêtir de son égoïsme pour s'intéresser aux apports des nations à la marche de l'homme, dans sa misère, dans ses moments de joie et de peine, ses moments de gloire et d'éminence.

Ce sont ces moments qui font la gloire et la dignité et la source intarissable d'ou les générations viennent puiser les enseignements et les leçons pour apprécier a leur juste valeur l'effort et le sacrifice, et se consacrer enfin, a la poursuite de l'effort, l'apport et le sacrifice pour un avenir meilleur auquel aspirent les générations. Parmi les moments qui ont marque la marche nationale, il y a lieu de s'arrêter sur celui qui a permis au peuple algérien de s'élever haut pour atteindre les cieux des idéaux, les cieux de la vertu et de la noblesse, pour atteindre l'essence de l'humanité dans toute sa dimension, pour vivre tel un homme débarrassé des contraintes des frontières, des limites de la loi, des impératifs de la politique, des obligations de la loyauté à la patrie.

Un moment durant lequel le peuple algérien a oublie, ne serait-ce un moment, sa situation difficile et les liens qui l'étouffaient. Il est sorti mu par sa générosité, sa tolérance. Il est sorti en homme, un homme imprégné des grandes valeurs humaines. Ainsi, était le peuple algérien en mai et ainsi furent les moments forts durant lesquels il a transcender toutes les contraintes pour atteindre les vertus de la pureté, de la sérénité que peu de nations atteignent. Le peuple algérien est sorti le 08 mai Il est sorti avec toute cette candeur, cette innocence et sincérité que les traîtres ne connaissent pas.

Il savait que c'était un moment que toutes les âmes pures partageaient sans arrières pensées ni desseins. Un moment de liesse durant lequel les coeurs ont vibré pour la liberté en Algérie comme c'était le cas à Paris, à Rome ou à Londres. Le moment était plein d'innocence à tel point que les Algériens, qui vivaient sous le joug du colonialisme, ont eu l'illusion qu'il allait s'arrêter pour durer plus longtemps, ils s'y sont accroches tel un naufrage dont le regard est fixé sur le rivage.

Mais le temps ne saurait interrompre son cours, et il n'est dans la destinée, de moment qui ne soit suivi d'un autre, ni de décisions autres que celles de la volonté divine, qu'elles soient conjoncturelles ou éternelles.

Le peuple algérien s'est accroche à ce moment précis oubliant cet autre moment où la puissance revient aux politiciens et autant d'autres bourreaux et oppresseurs de peuples quelles que soient leur noblesse et leur grandeur. Hélas, le réveil fut sur ce goût d'amertume, sur une vérité pathétique et une situation douloureuse, les voix furent réprimées, le sang aura coulé et au soldat et autres de donner libre cours à leur barbarie sans que personne ne vienne freiner cet élan de barbarie, et nos martyrs de tomber, tenant entre leurs mains une poignée de notre terre si précieuse.

Ils ne voulaient qu'un moment d'évasion et ils eurent la gloire car leurs âmes pures se sont envolées vers les cieux de l'éternité. Tel a été, mesdames et messieurs, le 08 mai , une confrontation entre le bien et le mal, entre la clarté et l'obscurité, entre l'oppression et la pudeur, la mansuétude et la tolérance, la barbarie et la bonté. Ainsi, sont sortis les enfants libres d'Algérie à travers le territoire national, les mains nues, mus par la générosité, la grandeur et la pureté, et armés d'une âme pure qui ne recule pas devant le destin, ne se plie pas devant la trahison, ne profite pas d'un moment de faiblesse pour transformer le malheur d'un ennemi et en une plate victoire.

Mesdames et messieurs, Vous m'excuserez d'être long, tellement je me sens emporté par ces âmes pures qui sont sorties pour scander le nom de l'Algérie, le drapeau algérien autour du cou, m'élevant très haut dans les cieux avec ces âmes qui semblaient parler aux anges du ciel, après que, dans le monde d'ici bas, les humains sombrèrent dans la dépravation et le vice.

Ils tueront, commettront des massacres et détruiront, sans, pour autant, en entamer le fond et les principes nobles restés en suspens jusqu'à l'avènement d'hommes capables de les préserver et de les défendre. L'attente ne fut pas longue une autre génération parmi les enfants de cette patrie est venue prendre la relève et poursuivre le combat.

Elle préparera grâce à une volonté ferme et une détermination inébranlable, la bataille décisive, celle du premier novembre glorieux.

Mesdames et messieurs, Les événements de mai et tous les troubles qui les ont accompagnés étaient tel une secousse qui a ébranlé la nation et le citoyen. C'est alors que se dessina la démarche et c'est alors que se précisa la voie du salut et de l'affranchissement. Point de place à l'hésitation et à l'attente. L'heure est à l'enseignement. Car mai 45 portait bien plus que des événements douloureux et bien plus que des massacres odieux, car cette génération qui est la notre et qui a pleinement vécu les faits, a réalisé alors que la situation de l'Algérie, la vie de ses enfants ainsi que sa conjoncture politique ne seront plus jamais comme avant.

Et la lutte prendra d'autres dimensions. Le message des martyrs fut clair Le citoyen algérien n'avait alors plus à gémir de douleur, ni à se nourrir des larmes des orphelins, des veuves et des mères éplorées, mais il devait aspirer à un avenir rayonnant, décidé et déterminé, et se préparer à la souffrance et au sacrifice corps et âme, mais aussi à prendre son mal en patience et à s'armer de courage car ayant pris conscience que la liberté est à la portée du souverain, mais seulement à ce prix.

A la mémoire de tous ces martyrs,- les martyrs de mai notamment et de tous les martyrs d'Algérie, je m'incline avec respect et humilité. Aux uns et autres, j'exprime toute ma gratitude pour ce qu'ils ont accompli et réalisé comme valeurs et idéaux qui ont été un guide, une conscience et notre porte voix face à un ennemi féroce, un antagoniste tenace et un tueur odieux.

C'est là un moment fort et les mots nous manquent pour exprimer les sentiments que nous éprouvons envers ces âmes pures dont le sang s'est répandu sur notre bonne terre.

En effet, je ne trouve pas les mots pour exprimer toute l'affection et la gratitude. Le poète avait raison qui a dit: Que dieu accorde sa miséricorde aux martyrs, qu'il protège ce qu'il nous ont légué. Que le salut de Dieu soit sur vous. British Airways 30 vols quotidiens depuis Roissy avait décidé le 25 avril de fermer ses comptoirs et de ne plus cotoyer Air-Algérie 3 vols quotidiens depuis Roissy pour des "raisons de sécurité", alors que la direction des aéroports de Paris considère que les conditions de sécurité sont "satisfaisantes" tant pour les Britanniques que pour les Algériens.

De source "aéroportuaire bien informée", selon l'AFP, on affirme que l'action britannique a des "racines commerciales". On rappelle également que seuls 13 des 30 vols quotidiens de British Airways se situent pendant la "plage horaire" des vols d'Air Algérie.

British Airways et l'Association des compagnies aériennes de Roissy-Charles de Gaulle ont introduit une action en justice pour obtenir la "suspension provisoire" de la décision française d'affecter un emplacement à Roissy à la compagnie Air Algérie, et l'installation de la compagnie algérienne en "zone de haute sécurité" en raison de "risques créés à leurs passagers par le manque de sécurité" induit par la proximité de l'embarquement algérien.

Le tribunal administratif de Versailles auprès de qui l'action a été introduite s'est déclaré le 29 avril "incompétent territorialement" et a renvoyé la requête britannique devant le Conseil d'Etat -la plus haute instance administrative française.

British Airways a "regretté" cette décision et déclaré vouloir "poursuivre son action". La compagnie britannique a annoncé qu'elle envisageait de transférer tous ses services de l'aéroport de Roissy à celui d'Orly. En attendant, la compagnie britannique ferme ses comptoirs d'enregistrement et de billetterie pendant les heures d'enregistrement des vols d'Air Algérie. Air Algérie a dénoncé la démarche "politique" et l'"ostracisme" de British Airways, qu'elle accuse de prendre les Algériens pour des "lépreux": Le ministère français des Transports a pour sa part estimé que "toutes les mesures nécessaires ont été prises pour assurer la sécurité des vols d'Air Algérie et des compagnies aériennes partageant le même terminal", et les autorités françaises rappellent que les vols d'Air Algérie à Londres ne bénéficient pas de mesures de sécurité particulières.

Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia et le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères ont rappelé quant à eux que les Avions d'Air Algérie se posent trois fois par semaine à Londres. Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a exprimé le 30 avril son "étonnement" à l'Ambassadeur britannique à Alger, au sujet de la position de British Airways que le ministre algérien a qualifiée de "ni fondée, ni motivée".

British Airways a reçu le 30 avril le soutien inattendu du syndicat chrétien français de l'aviation civile CFTC , qui a affirmé que les règles de sûreté et de sécurité n'étaient pas "appliquées avec la rigueur nécessaire" pour le traitement d'Air Algérie à Roissy, et que "la vie des passagers, des employés de cette compagnie, des compagnies voisines et des personnels aéroportuaires" était menacée.

Le 1er mai, British Airways s'est interrogée sur les "motivations" des autorités françaises, que la compagnie britannique accuse de s'opposer à toutes les mesures que la compagnie britannique veut prendre "pour assurer la sécurité de ses passagers. Le président du tribunal a estimé que British Airways n'avait pas prouvé qu'elle pouvait subir des conséquences irréversibles du fait de cette décision.

Le même jour, le gouvernement français a confirmé le maintien d'Air Algérie à l'emplacement contesté par British Airways et a réaffirmé que "toutes les mesures appropriées" avaient été prises pour y assurer la sécurité "pour l'ensemble des usagers" de l'aéroport. Cet accord permet à la compagnie d'enregistrer ses passagers dans des locaux provisoires au terminal de l'aéroport de Roissy, et met fin au conflit qui opposait British Airways aux autorités françaises depuis la réouverture des lignes régulières d'Air Algérie vers et de Paris: La France n'est plus responsable de ce qui meurtrit l'Algérie aujourd'hui.

Au plan officiel, le gouvernement français est contraint dans son expression. Prendrait-il des initiatives qu'elles ne seraient pas reçues, nous le savons. Nous devons pourtant répéter C'est de la société française elle-même que doivent venir, avec plus de force, des gestes et des signes. Le Parti socialiste, les autres formations politiques, les associations, les universités, les intellectuels, doivent nouer plus de liens, pratiquer un dialogue plus intense et étroit avec les forces démocratiques de la société algérienne.

Notre politique d'asile politique, d'accueil de ceux qui sont menacés, doit prendre en compte le malheur qui frappe nos voisins. C'est ce que permettra la législation nouvelle préparée par le gouvernement. Ceux qui se battent pour la liberté et la démocratie ne doivent pas se sentir isolés; ne jamais les abandonner, c'est la vocation et le devoir de la France.

Le 29 septembre, Lionel Jospin a précisé à la télévision sa position à propos de la crise algérienne, en déclarant que si "nous voyons bien une terreur affreuse, une violence scandaleuse qui se développe contre les populations, il est extrêmement difficile d'identifier ce qui se passe".

Pour le Premier ministre français, on ne se retrouve pas en Algérie comme "au moment du Chili de Pinochet" dans une situation "où des démocrates lutteraient contre un pouvoir dictatorial", mais dans une situation où "une opposition fanatique et violente lutte contre un pouvoir qui lui-même utilise d'une certaine façon la violence et la force de l'Etat".

Lionel Jospin a considéré que les responsables français se devaient d'être "assez prudents", mais a lancé un appel à la "solidarité" et à l'assouplissement "pour tous ceux qui craignent pour leur vie en Algérie" de la politique française des visas. Les réactions de la presse algéroise du 1er octobre aux déclarations de Lionel Jospin ont été généralement défavorables, "El Moudjahid" dénonçant "Jospin la gaffe", à qui "El Watan" reproche de ne pas savoir ou ne pas vouloir savoir "qui tue" en Algérie.

En France, le leader de l'opposition de droite, le gaulliste Philippe Séguin, a déclaré le 30 septembre qu'il n'était pas "équitable de renvoyer dos-à-dos les terroristes et le gouvernement algérien", alors que le Parti socialiste exprimait sa "satisfaction" après les propos du Premier ministre, et rappelé son souhait de "porter le problème algérien au plan international".

L'avis de la Commission exprime une double dénonciation de l'"opposition fanatique" des islamistes armés et de la "violence de l'Etat". La Commission met en cause à la fois les "atrocités" commises par les premiers, et les "violations graves et massives de droits de l'Homme" dont se rend également coupable, selon elle, le pouvoir en place.

Un paragraphe décrivant la population civile comme étant "prise en otage" par ces deux violences, et un autre invitant les autorités algériennes à mettre fin aux "exécutions extrajudiciaires, aux "disparitions", aux assassinats politiques, à la torture et aux mauvais traitement", ont été retirée du texte final. Celui-ci contient cependant deux demandes au gouvernement français, l'une de soutenir les démarches des organisations internationales rattachées aux Nations Unies et qui souhaitent pouvoir enquêter sur place, l'autre de demander à ses partenaires de l'Union européenne d'envoyer des observateurs aux procès qui ont lieu en Algérie.

La Commission propose en outre au gouvernement français de subordonner la "conclusion de tout accord entre l'Union européenne et la République algérienne" à l'obtention de "garanties" sur la question des droits de l'Homme, et de décider un "moratoire" sur les reconduites en Algérie de ressortissants algériens expulsables de France. Papon est nommé sous-directeur de l'Algérie au ministère de l'Intérieur.

Papon est secrétaire général de la préfecture de police. Il sera à ce poste lorsque le préfet Baylot fera tirer, le 14 juillet , sur une manifestation pacifique de nationalistea algériens. Papon retourne à Constantine comme préfet et inspecteur général de l'administration pour la région de l'est algérien Igame. A Constantine fonctionne un centre d'interrogatoire commun à l'armée et à la police, installé dans la "ferme Ameziane". Papon est préfet de police de Paris.

Il interdit meetings, livres, revues, spectacles et manifestations dénonçant la torture en Algérie. Il met en place une force de police auxiliaire composée de harkis, qui pratiquent à Paris les mêmes méthodes de torture qu'en Algérie.

Il impose un couvre-feu à la population algérienne. Le 17 octobre , le FLN organise une manifestation contre ce couvre-feu et Papon y répond par une répression massive, brutale et meurtrière: Papon fait saisir la revue de Sartre, "les Temps modernes" qui dénonce un "pogrom".

Le 8 février , ce sont neuf manifestants français qui sont tués lors d'une charge de police métro Charonne, alors qu'ils manifestaient contre l'OAS. Papon restera préfet de police jusqu'en décembre Il "tombera" de cette charge à cause de l'affaire Ben Barka, mais sera en compensation nommé président de Sud Aviation en janvier Elu député en juin et maire de Saint-Amand en mars , il finira ministre du Budget en avril dans le gouvernement de Raymond Barre.

Préfet de Constantine de à , inspecteur général de l'administration dans l'est algérien de à , préfet de police de Paris ensuite, Papon a été un instrument docile et efficace de la "sale guerre" menée par la France officielle contre les Algériens dès , comme il l'avait été du génocide perpétré contre les juifs par les nazis. S'agissant du massacre du 17 octobre Algériens tués à Paris dans la répression d'une manifestation pacifique contre le couvre-feu imposé aux Algériens , Papon a accusé les "activistes du FLN" de s'être "débatassés de dissidents".

A Alger, les anciens combattants de la lutte pour l'indépendance ont organisé le 15 octobre une conférence historique sur les manifestations du 17 octobre Le 17 octobre, précisément, environ personnes se sont rassemblées sur le pont Saint-Michel à Paris pour commémorer le 36 ème anniversaire de ce massacre, et rappeler notamment la responsabilité de Maurice Papon, qualifié par les manifestants de "tueur de juifs et d'Algériens", dans le massacre.

Il s'agit d'une "mission d'analyse et de synthèse du contenu des archives de la préfecture de police de Paris et des services qui lui sont rattachés", mission confiée au Conseiller d'Etat Dieudonné Mandelkern. Cette liste a été établie à partir des registres du Parquet de Paris et confirme une manoeuvre du préfet de police Papon tendant à dissimuler l'ampleur du massacre la thèse officielle affichant un bilan de trois morts.

Papon avait obtenu l'ouverture de 27 informations judiciaires pour pouvoir bloquer l'enquête d'une commission parlementaire réclamée par l'opposition. Les 27 informations judiciaires ont toutes abouti à des non-lieux, après quoi l'affaire fut étouffée et Papon put affirmer que les morts étaient des victimes de règlements de comptes entre Algériens.

Y participeront des juristes, des historiens et des représentants des victimes. Organisée par la Fondation du 8 mai et l'Observatoire national des droits de l'Homme ONDH, officiel , cette rencontre aura pour thème la "consultation juridique sur un génocide: Des rescapés et ayant-droit de victimes des massacres d'octobre ont annoncé le 15 novembre à Alger leur décision de poursuivre Maurice Papon en justice pour sa responsabilité directe dans ces massacres et pour crimes contre l'humanité.

La plainte sera déposée auprès du doyen des juges d'instruction de Paris par les avocats algériens et français des parties civiles. Le bilan de la répression, que les rapporteurs ne peuvent préciser du fait de "lacunes sérieuses dans la conservation des archives", serait en tous cas beaucoup plus lourd que le bilan officiel 7 morts , mais inférieur aux centaines de victimes évoquées par le FLN algérien et certains historiquent français.

Le rapport indique que du 17 octobre au 31 décembre , les corps de 88 Nord-africains ont été examinés à l'Institut médico-légal de Paris; la date et les causes du décès de 25 de ces 88 personnes "ne permettent pas d'exclure tout lien avec les manifestations". Quant au nombre des blessés, il est "sans doute très largement supérieur au chiffre de , donné le 31 octobre par le ministre de l'Intérieur. Selon des témoins, dont des policiers, un vaste ratissage opéré par la police aurait abouti à l'arrestation de plus de 11' personnes les 17 et 18 octobre, et de plus de les 19 et 20 octobre.

La police a tiré sur les manifestants et en a passé d'autres à tabac. Des dizaines de cadavres ont été repêchés dans la Seine. Selon l'historien Jean-Luc Einaudi, les services spéciaux ont en outre jeté des corps à la mer.

Enfin, selon le témoignage du commissaire de police de Puteaux, 30 des 50 "bidoles" distribués aux policiers de ce seul commissariat ont été brisés à force de bastonnade. Les auteurs du rapports évoquent eux-mêmes les limites de leur enquête: En outre, l'enquête ne prend en compte que l'ancien département de la Seine, et des corps découverts en aval du fleuve pourraient ne pas avoir été répértoriés.

Enfin, le rapport cite une note de Maurice Papon, datant du 5 septembre, ordonnant aux "forces de l'ordre" d'abattre "sur place" les "membres des groupes de choc" algériens "surpris en flagrant crime". Le Conseiller d'Etat Mandelkern conclut son rapport en précisant que celui-ci ne renferme pas "les conclusions définitives d'une enquête sur les évènements", conclusions qui devront être tirées par des "historiens, par le rapprochement et l'analyse approfondies de toutes les sources".

Einaudi ait mis en cause sa responsabilité dans la répression sanglante de la manifestation algérienne à Paris le 17 octobre , a affirmé compter sur ce procès qui s'ouvrira le 5 février devant la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Paris pour tenter de mesurer la responsabilité de Maurice Papon dans ce que l'écrivain a qualifié dans les colonnes du "Monde" de "massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon".

Papon demande un million de FF de dommages eet intérêts à Einaudi. Papon réclame 1 million de FF de dommages et intérêts à Einaudi, qui l'a accusé d'être responsable du massacre de à manifestants algériens le 17 octobre à Paris. Maurice Papon, défendu par l'avocat d'extrême-droite Jean-Marie Varaut, était absent à l'ouverture du procès, au motif d'une "grippe aigüe", et Jean-Luc Einaudi a explicité seul ses accusations, en soulignant que "la responsabilité de Maurice Papon et totale, personnelle et accablante" dans la répression sanglante d'octobre , commise non SUR les ordres, mais SOUS les ordes de Papon, qui a "impulsé, par ses morts d'ordre", les débordements de la police parisienne.

Papon", a réaffirmé Jean-Luc Einaudi. Maurice Il n'y a certes "aucune preuve qu'un tel massacre ait été ordonné" par Maurice Papon ou qui que ce soit d'autre , mais il s'agit d'un "enchaînement" dans lequel Papon a une responsabilité directe.

Papon avait notamment promis lors des obsèques d'un policier tué par le FLN que "pour un coup reçu, nous en porterons dix". Maurice Papon aurait en outre "laissé circuler des rumeurs de policiers blessés par balle" par des manifestants, rumeurs tout à fait infondées mais qui auraient "chauffé à blanc" bon nombre de policiers.

Après la répression, qui a "continué à froid" les jours suivant la manifestation, "on a fermé les yeux sur ce massacre". Et Jean-Luc Einaudi a conclu en dénonçant cette "plaie de notre pays: Six historiens français Charles-Robert Ageron, Claide Liauzu, Madeleine Rebérioux, Annie Rey, Françoise Raison et Pierre Vidal-Naquet ont appelé le 3 février dans les colonnes de "Libération" les pouvoirs publics à faire en sorte de la guerre d'Algérie "réintègre notre mémoire nationale" et cesse de souffrir de "l'amnésie".

Les six historiens regrettent que les prises de position du Président Chirac et du Premier ministre Jospin sur l'antisémitisme de Vichy et les "fusillés pour l'exemple" de n'aient pas été suivies d'"initiatives analogues" à propos de la Guerre d'Algérie, et dénoncent une "amnistie-amnésie" qui "a interdit jusqu'ici toute recherche sérieuse de la vérité dans les archives nationales".

Finalement remis de sa "grippe", Maurice Papon a réfuté le 5 février les accusations d'Einaudi. Reconnaissant que la répression a été "dure", et chiffrant à "une trentaine" le nombre de victimes, Papon les attrribue à des réglements de compte entre le FLN et les autres courants du mouvement national algérien.

Papon a en outre affirmé que 11' personnes avaient été emmenées dans des autobus "pour les mettre à l'abri dans des centres de rétention". Les dires de Maurice Papon ont été partiellement repris par l'ancien Premier ministre gaulliste Pierre Messmer. Maurice Papon qui réclamait un million de FF de dommages et intérêts a été débouté de sa plainte, et Jean-Luc Einaudi relaxé au bénéfice de la bonne foi.

Le tribunal a en outre souligné que le bilan de la répression des manifestations algériennes avait été "largement supérieur à celui du bilan officiel" et que "les forces de l'ordre ont agi avec une extrême violence", et a estimé qu'"un historien ne pouvait pas ne pas poser la question de l'engagement de la responsabilité personnelle du préfet de police". Reuters, Le Monde Selon ce rapport, les autorités gouvernementales françaises étaient informées du caractère meurtrier de cette répression, alors que pendant trente ans la version officielle affirmait un bilan de trois morts.

Le rapport de J. Geronimi fait état d'au moins 48 morts dans la seule nuit du 17 au 18 octobre , sur la seule base des archives judiciaires, évaluation que le rapport considère comme "très vraisemblablement inférieure à la réalité", tout les corps n'ayant probablement pas été retrouvés. Des données précises avaient été communiquées en octobre et novembre au Premier ministre français de l'époque, Michel Debré, ce qui n'avait en rien altéré le discours officiel.

Moins d'une semaine après la manifestion du 17 octobre, le directeur du cabinet du ministre de la Justice adressait au Premier ministre une liste de 64 personnes dont les corps avaient identifiés, dans le seul département de la Seine entre le 1er et le 14 octobre, et suggère, sans l'affirmer explicitement, qu'il s'agit très vraisemblablement de victimes d'"actions policières".

Pour toute l'année , le rapport Geromini fait état de victimes, dont 74 non identifiées. Toutes les enquêtes judiciaires ouvertes sur cette affaire ont été closes par des non-lieux, à l'exception des deux actions en diffamation engagées par le ministère de l'Intérieur contre les journaux qui dénoncèrent les violences policières d'octobre.

Sur commissions rogatoires délivrées par des juges d'instruction après octobre sont restées "inexécutées". L'équipe de chercheurs et de témoins de la Guerre d'Algérie vient de publier, sous l'égide du service historique de l'armée de terre SHAT , une étude d'un millier de pages, annoncée le 4 février par "Le Monde". Cette étude révèle que des mises en garde contre l'usage de la torture en Algérie ont été lancées dès soit cinq avant avant le déclenchement "officiel" de la Guerre d'Algérie, mais quatre ans après les affrontements de Sétif, qui ont marqué le début du mouvement insurrectionnel de libération.

En , les Byzantins exerceront un pouvoir juste dans la province de Constantine et dans l' Ifriqiya. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants les Djerawa , les Banou Ifren , les Maghraouas , les Awarbas , et les Zénètes [ ]. La première expédition musulmane sur l' Ifriqiya est lancée en En , une deuxième offensive se termine par la prise de Bizerte.

La troisième, menée en par Oqba Ibn Nafi , est décisive: Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena [ ]. En , les Berbères de l'actuel Maroc lancent la grande révolte berbère , échaudés par des prédicateurs Sufrites Kharijites , une secte musulmane qui a embrassé une doctrine représentant l'égalitarisme total en opposition à l'aristocratie des Quraych qui s'était accentuée sous le califat omeyyade , qui tente de leur imposer le statut du dhimmi , qui se traduit notamment par l'imposition de lourdes taxes.

Les rebelles ont élu Maysara al-Matghari pour mener leur révolte, et ont réussi à prendre le contrôle de presque tout ce qui est maintenant le Maroc, inspirant à de nouvelles rébellions au Maghreb et à al-Andalus. Lors de la bataille de Bagdoura , les rebelles berbères ont annihilé une armée particulièrement forte envoyée par le calife omeyyade de Syrie.

Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides , qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa Grande mosquée , un centre intellectuel de haute renommée [ ].

En décembre , Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides , qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. En , Abu Yazid , de la grande tribu des Banou Ifren , organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Selon Ibn Khaldoun, les Berbères se divisent en deux branches, les deux sont issues de leur ancêtre Mazighe. Chaque tribu est décomposée en des sous-tribus, ayant une indépendance territoriale et décisionnelle [ ] , [ ].

De plus, plusieurs chefs arabes et perses avaient des épouses berbères comme Idris , Ibn Rustom , etc. Ce qui donnera par la suite les dynasties Idrissides , Rostémides , etc. Les Almohades ont contribué à l'unification religieuse du Maghreb, les élites berbérophones ayant longtemps encouragé son arabisation pour des raisons religieuses [ ].

En revanche, lors de la dynastie des Zianides de Tlemcen , l'identité et la langue berbère étaient le centre d'intérêt du roi Yaghmoracen Ibn Zyan [ ]. Pendant l'Antiquité, les Berbères se disputaient le pouvoir.

Massinissa et Syphax s'affrontèrent lors de la deuxième guerre punique. Le premier avait la Numidie occidentale et le deuxième la Numidie orientale. Massinissa gagne la bataille, mais le fils de Syphax , Vermina , reprend la guerre contre Massinissa. Massinissa était allié des Romains et Vermina était avec les Carthaginois. Vermina demande la rémission à Rome.

À la fin, Massinissa réussit à unifier la Numidie. Après Micipsa , une lutte interne entre les petits-fils de Massinisa se déclenche pour la succession. Jugurtha tue Adherbal pour la prise du pouvoir de la Numidie.

Jugurtha rompt avec les Romains. Mais Bocchus , beau-père de Jugurtha, capture et livre Jugurtha aux Romains. Au Moyen Âge, l'une des plus puissantes tribus berbères était celle des Banou Ifren [ 73 ] après avoir servi la reine Dihya [ 73 ]. En , ces derniers choisissent le dogme sufrite kharidjite et désignent Abou Qurra comme calife. Il reprend le Maghreb aux deux puissantes dynasties les Omeyyades et les Abbassides , revient à Tlemcen après qu'Yazid-Ibn-Haten a brisé la coalition berbère.

Abou Qurra a pu unir tous les Berbères [ ]. Par la suite, les Berbères se sont divisés en deux parties distinctes l'une de l'autre [ ]. Cette division a créé un grand conflit entre les Sanhadjas et les Zénètes qui a débuté au Maghreb avant d'être transposé en Andalus. Les Zénètes furent ainsi amenés à se déplacer vers l'ouest du Maghreb et au sud devant la poussée des Zirides tribu des Sanhadja, chiite [ ]. D'autre part, plusieurs Fatimides ont changé de camp pour s'engager du côté des Omeyyades [ 73 ].

Au contraire, selon le dictionnaire de Michel Mourre , le pouvoir et la religion seraient les sources des conflits des Berbères [ ]. Les Sanhadja se divisent pour former deux dynasties distinctes: Les Zénètes, eux aussi sont divisés sur la question de pouvoir, trois dynasties sont formées Banou Ifren , Maghraoua et Meknassa.

Une lutte acharnée au pouvoir des tribus zénètes est signalée par Ibn Khaldoun. Ensuite survient le deuxième plus important conflit entre les Almoravides tribu des Sanhadja et sunnite Malékites et les Zénètes. Après la défaite des Zénètes à l'ouest du Maghreb par les Almoravides, les Zénètes qui restent en vie et minoritaires par rapport aux Sanhadjas sont confrontés dans une guerre contre une alliance Hammadides - Hilaliens [ ].

Les Almohades qui signifie unificateur, les Almohades s'opposent au malékisme défont les Almoravides , tribu des Sanhadja. Les Almohades étaient composés des Masmouda. Un premier conflit apparait dans la grande famille des Masmoudas, les Almohades détruisent les Berghouata. Puis, un deuxième conflit surgit entre deux fractions des Masmouda, ce qui provoque une guerre entre les Almohades et les Hafsides [ 73 ].

Les deux dernières dynasties berbères zénètes se font la guerre, les Zianides contre les Mérinides ils adoptent un nouveau malékisme [ ]. Les Mérinides sont refoulés au Maroc actuel par les Banou Ifren qui reprennent Tlemcen grâce aux Hafside] en [ ] , une trentaine d'années après la promulgation de la Charte d'Ajarif , qui détaille notamment la qisas vengeance et la diya compensation financière prévue par le droit musulman [ ].

Les Mérinides prennent la Tunisie et font tomber les Hafsides. En effet, Abou el Hassen souverain Mérinides de Constantine et de Béjaïa s'empare de la Tunisie, Ibrahim abou Fadhel sera le souverain de la Tunisie, mais l'histoire ne révèlera pas tous les noms des souverains mérinides en Tunisie [ ]. Les dynasties berbères sont achevées par l'arrivée des Espagnols et des Ottomans. Du coup, quelques historiens comme Émile Félix Gautier et Gabriel Camps entre autres, tirent des conclusions et des thèses de ce conflit majeur.

Ces thèses seront contredites par certains historiens contemporains comme Rachid Bellil, Benabou, Potiron, etc. Ces derniers rejoignent l'approche historique d'Ibn Khaldoun [ ].

Plus tard la dynastie des dia fondera le royaume sonhrais de Gao, au niveau du fleuve Niger, qui sera vassale de l' Empire du Ghana créé par les soninkés, puis l' Empire du Mali. Il s'étend sur plus ou moins le Niger , le Mali et une partie du Nigeria actuel. Les Berbères avaient des États indépendants en Al-Andalus à l' époque des taïfas. L'Al-Andalus est prise par les Almoravides et ensuite par les Almohades et à la fin par les Mérinides.

Pendant la période de à , l'effondrement des dernières dynasties berbères englobe les deux territoires l'Andalousie et le l'Afrique du Nord, au centre et à l'ouest. Les Espagnols et les Portugais reprennent leurs territoires et envahissent le Maghreb. Quelques Berbères se replient dans les montagnes et demeurent isolés surtout dans les régions de l' Aurès le pays des Chaouis , ou en Kabylie et au Sahara.

Le Maroc résiste grâce à l'émergence des Saadiens puis de la dynastie alaouite qui fondent l'Empire chérifien et résistent à la fois aux attaques hispano-portugaises et aux tentatives d'invasion ottomanes.

Le Rif engage guerre pour se libérer de la tutelle espagnole avec Abdelkrim al-Khattabi. Les Français attaquent les Ottomans et prennent l'Algérie, la Tunisie. La Libye est conquise par les Italiens. La France déploie tout dans l'industrialisation et dans la construction des villes digne de la civilisation moderne, mais les zones montagneuses et les zones rurales sont épargnées. Plusieurs Européens viennent pour investir et pour exploiter les richesses.

Plusieurs Berbères notamment du Sud ont créé des confréries musulmanes dont le but d'aider la population après le déchirement des dynasties berbères. Leur apport était éducatif en premier. Plusieurs monuments, ksours, mosquées, etc. Les principaux chefs avaient la notoriété de Saint et ils étaient pour la plupart des hommes de connaissance et de savoir. Ces chefs ont écrit plusieurs livres qui ont été conservés à nos jours. L'instruction du Coran était importante surtout dans le Sud.

L'organisation de cérémonie avait un rôle important dans la consolidation des règles de vie entre les différentes communautés. Les Zaouïas avaient un rôle juridique important au sein des populations pour le règlement des crises.

Les Ottomans devaient négocier avec les chefs de confrérie. Par la suite, l' Armée française a trouvé des difficultés à contrôler les mouvements dirigés principalement par les confréries.

Après la colonisation française, italienne, espagnole, etc. Ce qui fait qu'un vaste mouvement de révoltes s'enchaine par les années dans tous les territoires du Maghreb. Par la suite après la Seconde Guerre mondiale , les États-Unis imposent aux Européens de se retirer de tous les colonies dans le plan Marshall [réf.

Après quelques années tous les pays se libèrent progressivement. Actuellement, la plupart des Berbères sont sédentaires.

Ils se désignent d'abord par leur ethnie régionale et par leur parler berbère: En Libye , on trouve les Yafran , etc. En Tunisie , il y a les habitants de Djerba , etc.

En Espagne , il y a les habitants des Îles Canaries. Plusieurs ethnies d'origine berbères parlent l'arabe et ne s'identifient pas aux régions cités. Plusieurs monuments historiques témoignent de la grandeur de l'art architectural chez les Berbères au Maghreb et en Al-Andalus.

Plusieurs villes et monuments au Maghreb et en Al-Andalus sont considérés comme patrimoine mondial. À partir de , en Kabylie , l'administration française attribuera des patronymes arabes aux populations qui, jusqu'à cette époque, portaient encore pour certains des noms à consonance latine [ ].

La culture berbère reste vivante en Algérie et au Maroc , qui comprennent une grande partie des Berbères. En éclatent les manifestations du Printemps berbère , au cours desquelles les berbérophones de Kabylie réclament l'officialisation de leur langue. Parallèlement, les autorités fondent un Haut Commissariat à l'amazighité.

À partir de là, le climat devint insurrectionnel. En , la chaîne Berbère Télévision commence à émettre ses ondes de Paris. Au Printemps noir au printemps , des émeutes éclatent en Kabylie , réclamant notamment l'officialisation de la langue berbère. Le 17 juin , le roi Mohammed VI du Maroc propose une nouvelle constitution pour le Royaume du Maroc avec notamment l'élévation du berbère au rang de deuxième langue officielle du pays.

À partir d' avril , les revendications berbéristes se calment avec la reconnaissance du Tamazigh comme langue nationale algérienne [ ]. Les Berbères ont eu un rôle fondamental pour l'indépendance durant la colonisation, de nombreuses insurrections ont été menées par des Berbères dans tous les pays du Maghreb.

Les Berbères sont également largement représentés dans les populations issues de l' immigration en Europe , notamment en France et aux Pays-Bas [ ] , en Belgique , en Espagne , mais aussi aux États-Unis et au Canada. Selon Belkacem Lounes, Président du Congrès mondial amazigh ,: On estime actuellement l'immigration berbère à environ deux millions d'individus, contribuant en toute discrétion à l'épanouissement économique, scientifique, artistique et sportif de la France.

Durant l'Antiquité, les anciens Libyens pratiquaient la religion libyque avant l'arrivée des religions abrahamiques en Afrique du Nord. Cette religion traditionnelle mettait fortement l'accent sur le culte des ancêtres , le polythéisme et l' animisme. Beaucoup de croyances berbères anciennes ont été développées localement, tandis que d'autres ont été plus ou moins influencées et ont elles-mêmes influencé d'autres religions méditerranéennes traditionnelles telles que la religion égyptienne , la religion hellénistique et la religion punique.

Certaines des anciennes croyances berbères existent encore aujourd'hui subtilement dans la culture et la tradition populaires berbères. En tant qu'héritage de l' expansion de l'Islam , les Berbères sont maintenant majoritairement des musulmans sunnites. Les berbères mozabites du Mzab et les berbères libyens du Nefoussa et de Zouara sont principalement ibadites. Jusqu'aux années , il y avait aussi une importante minorité berbère juive au Maghreb , mais l'émigration principalement vers Israël et la France réduisit considérablement leur nombre à seulement quelques centaines d'individus.

Pendant l'Antiquité, les cultes berbères étaient pratiqués librement au début de la présence romaine.

Au musée de Timgad , plusieurs fresques représentent les divers cultes berbères. Afrique ou Africa provient de Ifren [ ] , Ifri est une divinité berbère [ ] , le pluriel est Ifren [ ].

La traduction ou l'emprunt latin nous donne Africa Afrique qui a été une déesse berbère avant la conquête des Romains. Dea Africa signifie déesse Africa et représente un symbole à l'époque romaine. Et aussi Ifri désigne les populations locales des Afers.

Ifru symbolise les rites dans les cavernes pour protéger les commerçants. La grotte non loin de Constantine à Guechguech et la pièce de monnaie romaine indiquent le mythe de la protection [ ]. Ifru était une déesse solaire et en même titre un dieu des cavernes et protecteur du foyer, etc [ ]. Ifru est une sorte de Vesta berbère. Les tribus berbères tissent des tapis berbères ou kilims. Les décorations additionnelles, comme les paillettes ou les franges, sont typiquement des tissés berbères du Maroc.

Le mode de vie nomade ou semi-nomade des Berbères convient très bien au tissage des kilims. Les us et coutumes diffèrent d'une région à une autre [ ]. La structure sociale des Berbères est tribale. Un chef est désigné pour diriger la tribu ou la confédération. Au Moyen Âge, plusieurs femmes ont eu le pouvoir de gouverner comme la Kahina dans les Aurès où vivent actuellement les Chaouis. Lalla Fatma N'Soumer était une femme berbère de la région kabyle qui a combattu les Français.

La majorité des tribus berbères ont actuellement des hommes comme chef de clan. En Algérie , la plateforme d'el Kseur en Kabylie le Gouvernement algérien et les Arouchs tribu Kabyles se sont convenus à cette plateforme donne le droit aux tribus d'émettre des sanctions pécuniaires à l'encontre des délinquants.

Dans les régions des chaouis , les chefs de tribus décrètent des sanctions contre les hors-la-loi [ ]. La société touarègue est très hiérarchisée et matrilinéaire , la transmission du lignage se faisant traditionnellement non pas par le père mais par la mère [ ] , [ ].

Les Mozabites , berbères du Mzab , sont régis par les chefs spirituels du Ibadisme. Les mozabites ont une vie communautaire. Lors de la crise de Berriane , les notables de chaque tribu ont réglé le problème et ils ont entamé des pourparlers pour arrêter la crise entre Malékite et Ibadite [ ].

Dans les mariages, c'est l'homme qui choisit la femme, et souvent, c'est la famille qui décide, tout dépend de la tribu. En revanche, chez les Touaregs , c'est la femme qui choisit son futur époux. La population kabylophone a ainsi constitué une diaspora estimée à deux millions ou deux millions et demi de personnes dont près d'un million en France pour trois millions à trois millions et demi en Kabylie [ 49 ].

L'exode rural se poursuit vers les villes situées aux portes mêmes des montagnes kabyles, principalement Alger , Tizi Ouzou , Béjaïa , Jijel , Constantine , Skikda et Annaba. Toujours très peuplée, la région est marquée par un dualisme qui oppose le monde du village ou du hameau, surtout habité de femmes, d'enfants et de personnes âgées, et celui de la ville , lieu des activités industrielles et de services, des équipements et des habitats collectifs, qui attire la majeure partie des hommes adultes [ 8 ].

À l'intérieur de la région, les axes de communication terrestres tirent parti des dépressions du relief: Les montagnes kabyles représentent cependant un obstacle que contourne par le sud le tracé du grand projet d' autoroute Est-Ouest [ 51 ].

Les lignes ferrovaires ont bénéficié à la fin des années d'une modernisation du matériel roulant, qu'illustre la mise en service en d'un autorail sur la ligne Béjaïa-Alger [ 55 ].

La ligne Tizi Ouzou-Alger, rouverte en juillet après être restée fermée depuis les années pour raison de sécurité, reste soumise aux aléas de l'hiver montagnard [ 56 ].

Les ports du littoral kabyle tiennent des rôles variables entre les échelons local et international. Le port de Djendjen, non loin de Jijel , est destiné à devenir un hub portuaire de niveau mondial: À une échelle plus modeste, le port de Collo assure l'embarquement de la production locale de liège [ 10 ]. En matière de transport aérien, la région est reliée aux grandes villes étrangères via les aéroports de Béjaïa - Soummam - Abane Ramdane , de Sétif - 8 Mai et d' Alger - Houari Boumédiène.

Pas plus hier qu'aujourd'hui, la Kabylie n'a connu de frontières fixes et rigoureusement définies. Mais son histoire montre d'autres permanences: Bien qu'intérieurement divisée, la région a trouvé son unité, vis-à-vis de l'extérieur, en se faisant le refuge de tous ceux qui, dans les populations environnantes, ont voulu résister à l'emprise des conquérants successifs ou des États en construction. Plusieurs auteurs [ note 12 ] soulignent la place qu'occupent aussi, dans la singularité de la région, les cités et les États dont elle a connu l'essor, de même que les rapports qu'ils ont entretenus avec les sociétés montagnardes: Les monuments mégalithiques que la Protohistoire a laissés en Kabylie, souvent dotés comme à Aït Raouna d'une grande allée couverte , sont très proches de ceux de Sardaigne [ 61 ] , [ 70 ].

Des poteries s'ornent de signes et symboles dont l'emploi s'est perpétué jusqu'à nos jours dans l'artisanat de la région, ainsi que dans celui de l' Aurès: De l' Antiquité proviennent les stèles libyques où apparaît une écriture dont le tifinagh est le descendant actuel [ 72 ] , [ note 13 ]. Les communautés, patriarcales et endogames , que le latin appelle tributes et dont la désignation en arabe a donné plus tard son nom à la région, existent déjà.

Mais aussi des États: Les Phéniciens , dont les réseaux commerciaux commencent à s'implanter vers av. Après la fondation de Carthage , l' influence punique et, par son intermédiaire, l' empreinte grecque , s'étendent à partir de la façade maritime. Elles marquent toutefois moins les campagnes que les villes, qui pour leur part, sur la côte, maintiennent sans doute à l'égard des pouvoirs autochtones une quasi-autonomie [ 75 ]. Les premières interventions des Romains remontent aux guerres puniques: La région est donc contrôlée en grande partie par Syphax , roi des Massaesyles et allié de Carthage.

Elle passe après la deuxième guerre punique sous le contrôle exclusif de Massinissa , roi des Massyles, régnant sur la Numidie et allié des Romains. Son règne, de av. Dans l'ensemble, la Numidie restera par la suite, sous les Romains, une terre agricole prospère [ 77 ]. Globalement, le Djurdjura , la Kabylie maritime mis à part quelques enclaves côtières et les Babors constituent des zones hostiles à la pénétration romaine: Les Romains mettent en place un limes Bidendis dans la vallée du Sebaou et un limes Tubusuptitanium dans celle de la Soummam, deux dispositifs militaires destinés en particulier à contrer les assauts des populations du Djurdjura.

La présence romaine s'établit principalement dans ces vallées, ainsi que sur les Hauts Plateaux [ 85 ]. Dans la partie orientale de la Kabylie, une urbanisation se développe le long des vallées et des routes, en lien avec la possibilité d'une présence romaine durable [ 86 ].

Dans l'ensemble de la région, les villes, qu'elles soient colonies ou simples municipes , restent relativement peu nombreuses et les montagnards berbères relativement peu perméables à la romanité dont elles sont les foyers [ 87 ].

Les principaux vestiges romains de la région se trouvent à Djemila , l'antique Cuicul , dans les moyennes montagnes de Petite Kabylie: D'autres sites restent à fouiller, comme à Azeffoun celui de Rusazus , la plus riche des villes de Kabylie à l'époque d' Auguste , où ont été signalés murailles, conduites d'eau et thermes [ 94 ]. Les récits des auteurs latins relatent l'alternance de replis défensifs et d'expansions sur les plaines des guerriers montagnards, qui forcent régulièrement les colons à se réfugier derrière les fortifications des cités [ 95 ].

Le pouvoir de Rome se heurte à plusieurs reprises à de vives résistances, des sept années de la guérilla de Tacfarinas , qui s'achève en l'an 24 sous les murs d' Auzia , jusqu'aux révoltes, trois siècles plus tard, de Firmus et Gildon , tous deux fils d'un grand chef tribal des Bibans [ 96 ] , [ 97 ].

L'invasion des Vandales , qui atteignent la Kabylie en - , ne rencontre guère d'opposition dans une population où beaucoup sans doute y voient surtout la fin de la domination romaine. Les Vandales, dont la présence numérique est faible et qui se rattachent au courant arien du christianisme, ignorent l'intérieur du pays et se concentrent sur le pillage des élites urbaines christianisées.

Plusieurs défaites contre les Berbères cantonnent leur influence aux environs de Carthage. Les plaines fertiles basculent sous le contrôle de tribus venues des Aurès. En , le roi vandale Gélimier est cerné dans l' Edough par les Byzantins conduits par Bélisaire et finit exilé à Constantinople [ 99 ]. Les Byzantins , sous Justinien , parviennent à rétablir le contrôle impérial sur une partie de l'Afrique du Nord. Cependant ils suscitent l'hostilité des Berbères et leur pouvoir reste d'une grande fragilité [ 98 ].

En Afrique proconsulaire comme en Numidie, les diversités religieuses, linguistiques et culturelles sont plutôt perçues par eux, à leur arrivée, comme un danger pour la cohésion de l' Empire dans ces provinces. Même s'ils contrôlent les plaines productrices de blé, l'étendue de la région, l'insuffisance des voies de communication et les disparités entre populations plus ou moins romanisées et non-romanisées réduisent leurs capacités de défense, à la veille de l'arrivée des Arabes [ ].

S'y ajoutent de multiples facteurs de faiblesse: De plus, la présence byzantine n'a jamais regagné l'ensemble de l'ancien territoire romain, le renforcement des tribus berbères pendant la période vandale constituant un obstacle majeur.

La Kabylie comme l'ensemble des montagnes du Tell échappent à leur autorité, qui se limite aux environs de Cirta , de Calama Guelma et de quelques villes fortifiées [ 99 ]. Les Arabes surviennent donc dans un Maghreb divisé, où les Berbères secouent une domination byzantine devenue trop lourde. La déliquescence du pouvoir impérial a favorisé l'émergence dans les régions montagneuses de grands groupes tribaux Kutama , Aureba, Sanhadja , Belezma, Masmouda , etc.

Ces confédérations, qui serviront de support à la résistance des chefs aurésiens Koceila et Kahena , vont aussi façonner l'histoire du Maghreb médiéval [ ]. En , les cavaliers arabes et musulmans mènent leurs premières razzias en Ifriqiya [ ].

Le Tell , pays montagneux et difficilement accessible à la cavalerie, reste en marge durant le premier siècle de la conquête. Les informations qui traitent de cette période sont rares et éparses: Ici, comme ailleurs sous l'impulsion de chefs tels que Koceila ou Kahena , les tribus berbères , parfois alliées aux Byzantins , résistent pendant plusieurs décennies avant que le califat omeyyade , en , puisse faire du Maghreb entier une de ses provinces.

Comme ses prédécesseurs, le nouveau pouvoir pèse d'abord sur les populations citadines. Cependant la religion des conquérants progresse rapidement [ ].

Le peuple kutama, fort d'une population nombreuse, acquiert une position d'arbitre dans diverses luttes entre factions arabes ou berbères, puis vis-à-vis de l'émirat aghlabide institué en et premier pouvoir dynastique autonome au sein du califat abbasside [ ] , et sait en tirer parti.

Ainsi, selon Ibn Khaldoun: Au service de cette cause, ils font la conquête de l'Ifriqiya, puis de l' Égypte [ ]. Une fois établis en Égypte, les Fatimides laissent aux Zirides , famille alors à la tête de la confédération sanhadja, la charge de défendre le Maghreb contre les tribus zénètes , alliées du califat de Cordoue. La nouvelle dynastie s'installe en Ifriqiya. Par la suite, sa branche hammadide s'en détache et prend le contrôle du Maghreb central , qu'elle place en sous l'obédience abbasside.

En , à leur tour, les Zirides d'Ifriqiya reconnaissent la légitimité du califat de Bagdad et rompent avec le chiisme [ ]. En représailles, les Fatimides envoient les Arabes Beni Hilal au Maghreb, qu'ils leur donnent en fief [ ]. En , pour mieux se protéger des attaques hilaliennes, mais aussi mieux tirer parti d'une évolution des échanges favorable au commerce méditerranéen, les Hammadides construisent sur le site de Saldae la ville de Béjaïa.

Ils y déplacent leur capitale, précédemment établie à la Kalâa des Béni Hammad , fondée soixante ans plus tôt dans le Hodna [ ]. C'est à travers elle, par l'intermédiaire du mathématicien italien Fibonacci , venu y étudier, que les chiffres arabes et la notation algébrique sont diffusés en Europe [ ]. Certains deviennent des saints vénérés par la population locale, comme Sidi Boumédiène , dont le nom est encore honoré dans le Maghreb contemporain.

Cependant la tolérance envers les non-musulmans est réelle, comme en témoigne la correspondance entre le sultan hammadide Al Nacir et le pape Grégoire VII [ ]. C'est à proximité de Béjaïa que se rencontrent vers Abdelmoumen , alors jeune étudiant dans la cité, et Ibn Toumert , réformateur religieux qui en a été expulsé, dont il devient le disciple avant de prendre à sa suite la tête du mouvement almohade [ ].

Renversant les royaumes en place, la dynastie qu'il fonde rassemble sous une autorité unique le Maghreb et une partie de la péninsule Ibérique [ ]. L'espace compris entre Béjaïa, dans l'orbite du pouvoir hafside de Tunis , et Dellys, jusqu'où s'étendent depuis Tlemcen les possessions zianides, devient enjeu de rivalités entre les deux royaumes.

Au cours des deux siècles suivants, les États maghrébins, en conflit permanent, font venir en renfort tantôt des mercenaires européens, tantôt les tribus arabes, jusque-là cantonnées plus au sud. De plus en plus affaiblis par leurs rivalités et les batailles de succession internes, ils finissent par laisser se constituer dans les villes principales des centres de pouvoir pratiquement autonomes, tandis que les campagnes sortent de tout contrôle [ ].

Les pourtours ouest, sud et est des montagnes kabyles, plus ouverts, sont les plus rapidement touchés.

À l'approche de l'an , seule la confédération centrale, celle des Zouaouas, maintient encore son existence. Elle a perdu ses terres des Hauts Plateaux mais hérite d'une partie de celles de ses anciennes voisines, dont elle accueille les réfugiés. Dès lors et au cours du siècle qui suit, son autonomie se consolide sur un territoire compris, d'ouest en est, entre les oued Boudouaou et Agrioun , et de la Méditerranée jusqu'à une ligne joignant Sidi Aïssa à Sétif [ 95 ].

En témoigne leur mobilisation pour défendre le Béjaïa hammadide contre les Almohades, puis aux côtés de ses Hafsides tentant de s'affranchir de ceux de Tunis, ou contre les incursions zianides, mérinides et, pour finir, espagnoles [ ]. En , sur la lancée de la Reconquista , les Espagnols s'emparent de Béjaïa et organisent à partir de cette position des razzias dans l'arrière-pays. Le deuxième se constitue sur les terres des Belkadi, descendants du juriste Al Ghobrini [ note 15 ].

Le dernier s'implante à une trentaine de kilomètres de Béjaïa, dans la vallée de la Soummam [ ]. La Kalâa devient la nouvelle capitale des habitants des environs de Béjaïa quand, après la prise de la ville, ils cherchent protection à l'intérieur des terres. Le site, ancienne place forte hammadide et étape sur l' abrid n'sultan , a été retenu par Abderahmane, prince bougiote, pour des raisons de sécurité.

Initialement alliée des Hafsides , la dynastie s'en émancipe. Abdelaziz, petit-fils d'Abderahmane, prend le titre berbère d' amokrane. Sous son règne, la Kalâa gagne en importance: Plusieurs tentatives sont menées [ ]: Elles échouent toutefois à déloger les occupants espagnols [ ]. Ahmed Belkadi s'établit alors chez les Aït Ghobri , d'où sa famille est originaire, et prend la tête du royaume de Koukou [ ] , qui durera deux siècles [ ].

Béjaïa n'est définitivement reprise aux Espagnols qu'en lors de la bataille de Béjaia [ ] , par la pression combinée du corsaire Salah Raïs Pacha , agissant pour le compte de la régence d'Alger , et des royaumes tribaux [ ] , [ ]. Entretemps les Hafsides ont été évincés de leurs possessions, en Kabylie comme dans tout l'Est algérien.

Ils s'y heurtent à la résistance de la population, qui s'organise en Grande Kabylie autour du royaume de Koukou, et de celui des Aït Abbas dans les Bibans et la vallée de la Soummam [ ]: Il y règne plusieurs années avant d'être à son tour vaincu par Khayr ad-Din, allié aux Aït Abbas. Abdelaziz, sultan des Aït Abbas, est quant à lui tué en au cours d'une bataille contre les Ottomans: En Petite Kabylie , le royaume des Aït Abbas se maintient pendant toute la période de la régence d'Alger.

Après quatre mois d'hostilités, les Français abandonnent la ville assiégée par les troupes ottomanes et berbères: La Régence verse un tribut pour le passage de ses troupes, dignitaires et commerçants.

C'est dans l'Algérie d'alors le seul endroit où le pouvoir makhzen paye un tribut à des populations locales insoumises [ ] , [ note 16 ]. Ne pouvant soumettre directement l'ensemble de la région, la Régence joue sur les rivalités de clan pour asseoir son influence et percevoir des impôts de certaines tribus. Globalement, les royaumes kabyles, qui bénéficient d'une certaine reconnaissance internationale représentations diplomatiques en Espagne, notamment , contribuent à maintenir l'autonomie de la région [ ].

Conséquence durable de l'intervention ottomane: Les commerçants kabyles sont très présents dans la ville, qu'ils ravitaillent avec les produits agricoles et artisanaux de leur région [ ].

Pour contrebalancer le pouvoir des janissaires , de nombreux corsaires et miliciens de la Régence sont recrutés localement, notamment parmi les Kabyles. Le dey Ali Khodja s'établit dans la Casbah, sous la protection de soldats kabyles, pour imposer son autorité face aux janissaires [ ]. La famille d' Ahmed Bey , dernier bey de Constantine , mène une politique d'alliance matrimoniale avec les Mokrani et d'autres familles de la région [ ].

Toutefois les conflits ne cessent d'émailler les relations entre les royaumes kabyles et la régence d'Alger. En les tribus des Bibans et de Béjaïa se soulèvent et s'emparent du caïd de la ville. L' agha Yahia, chef militaire de la Régence, ne parvient pas à soumettre la région [ ]. En , les Français se lancent à la conquête de l'Algérie.

Au début, l'expédition est dirigée contre Alger. Mais très tôt, les envahisseurs cherchent à occuper l'ensemble du pays, notamment la Kabylie contre laquelle sont dirigées plusieurs expéditions. Les tribus kabyles combattent sur tous les fronts, d'Alger jusqu'à Constantine. Mis à part les renforts envoyés à la bataille de Staoueli , leur premier contact avec les troupes françaises a lieu en , près de Médéa , où Ben Zamoun mène au combat les hommes des Iflissen [ ].

Béjaïa , passée sous le contrôle de la tribu des Mezaïa après la chute du dey d'Alger , connaît plusieurs incidents avec des navires français et anglais. En , deux expéditions visant à lui imposer comme caïd un dénommé Mourad, puis un certain Bou Setta, sont mises en échec. Une nouvelle expédition aboutit en à la prise de la ville, après une résistance intense de ses habitants. Cependant les Français ne parviennent pas à en conquérir les alentours [ ].

En , la vallée du Sebaou est conquise, puis la partie de la Petite Kabylie comprise entre Collo et Jijel , soumise en mai et juin par Saint-Arnaud [ ]. En Haute Kabylie, Lalla Fatma N'Soumer , issue d'une famille maraboutique, prend la tête de la résistance à la conquête [ ]. Le cherif Boubaghla en est une autre figure. Originaire de Miliana , arrivé en Kabylie vers pour prôner la guerre sainte contre les Français, il mobilise principalement les tribus du versant sud du Djurdjura, une partie des Aït Abbas pourtant en traité de paix avec la France et les Aït Mellikeche.

Après une campagne infructueuse dans la vallée de la Soummam et un échec à reprendre Béjaïa , il franchit le Djurdjura pour se joindre aux forces de Lalla Fatma N'Soumer, notamment pour la bataille du Haut Sebaou.

De retour dans la région des Aït Mellikeche , sa troupe de partisans fortement diminuée, il finit par mourir au combat, le 26 décembre , contre une troupe française dirigée par le général Camou [ ]. Les années qui précèdent celle-ci sont marquées par un mécontentement général: Après la révolte des Mokrani, ces actions, d'après l'analyse d'Alain Mahé [ ] , prennent le caractère d'une politique de destruction de l'identité kabyle: Des missionnaires chrétiens y mènent des campagnes d'évangélisation jusque dans les villages les plus reculés.

Le droit coutumier berbère y est globalement maintenu, alors qu'il est aboli en pays chaoui au profit du droit musulman.

Enfin, l'enseignement en français y est relativement courant jusqu'au certificat d'études, alors que partout ailleurs, c'est la scolastique coranique, en arabe classique , qui est favorisée [ ]. C'est alors une immigration qui ne se disperse pas dans la société française, mais semble au contraire se regrouper en reproduisant la structure des villages traditionnels [ ].

Nombreux sont les Kabyles à participer à la création, en , de l'Amicale des instituteurs indigènes, tout comme plus tard à celle, en , de l'Association des oulémas algériens, dont les médersas serviront de support à la diffusion des idées nationalistes. En , parmi les émigrés qui fondent l' Étoile nord-africaine , 5 sur 8 des premiers dirigeants sont originaires de Kabylie [ ]. La région est touchée de plein fouet par les événements du 8 mai Certains sont éliminés, d'autres, sous la menace de l'exclusion, se rallient à l'orientation alors dominante [ ].

C'est aussi, avec les Aurès , l'une des plus touchées par la répression, du fait de l'importance des maquis et de l'implication de ses habitants. Bastion de l'ALN, la région est aussi le lieu de certaines des plus marquantes de ses victoires, comme la bataille de Bouzegza [ ]. Cependant la mobilisation de la région résiste à la répression des populations civiles destruction des ressources agricoles, pillage, fouille et destruction de villages, déplacement de populations, création de zones interdites, etc.

Après la mort d'Amirouche le 29 mars et sous l'impulsion de ses successeurs Abderrahmane Mira puis Mohand Oulhadj , la wilaya III se réorganise en éclatant ses grosses unités en formations plus petites et en rapatriant les moussblines agents de liaison avec la population dans les maquis. Après le plan Challe, les femmes prennent petit à petit un rôle accru: En , l'ALN parvient à occuper plusieurs postes militaires français [ ]. Ben Bella prend le pouvoir mais ses relations avec la wilaya III restent tendues.

En octobre , il obtient de Mohand Oulhadj un accord autorisant le déploiement de l' ANP Armée nationale populaire sur le territoire de la wilaya et entraînant la dissolution de la plupart de ses unités [ ]. Sur le plan politique, la Kabylie est régulièrement le cadre de mouvements de contestation du régime d'Alger. Jusqu'en , l'ANP mène dans la région une répression qui fait plus de quatre cents morts [ ]. D'autres affrontements ont lieu à Tizi-Ouzou et Alger en et [ ].

Accompagné en de la création d'un nouveau parti, le RCD Rassemblement pour la culture et la démocratie de Saïd Sadi , le réveil culturel s'intensifie en réaction au durcissement de l' arabisation que connaît l'Algérie dans les années [ ]. En juin et juillet , la région s'embrase à nouveau après l'assassinat du chanteur Lounès Matoub et à l'occasion de l'entrée en vigueur d'une loi généralisant l'usage de la langue arabe dans tous les domaines [ ] , [ ].

La révolte touche les régions kabylophones des wilayas de Bouira , Bordj Bou Arreridj , Sétif et Jijel , parties intégrantes de la wilaya III historique, mais restées jusque-là relativement à l'écart du mouvement identitaire [ 13 ]. Le gouvernement est conduit à négocier avec le Mouvement citoyen des Aarchs , mobilisé autour de la plateforme d'El Kseur: Toutefois, en , le tamazight est reconnu en tant que langue nationale [ ].

Créé en juin par Ferhat Mehenni , le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie MAK prône depuis l'autodétermination de la région [ ]. Les sept wilayas où s'inscrit le périmètre Thenia - Sétif - Jijel totalisent une population d'environ six millions de personnes [ note 17 ] , [ ] dont, suivant les estimations, de trois à trois millions et demi de kabylophones [ 49 ].

Le reste des populations kabylophones de la région se répartit sur la moitié est de la wilaya de Boumerdès , la moitié nord de la wilaya de Bouira , le nord de la wilaya de Bordj Bou Arreridj , l'ouest de la wilaya de Jijel, et le nord-ouest de la wilaya de Sétif. Les Kabyles contemporains font partie du vaste ensemble des héritiers des premiers Berbères , dont les origines ont donné lieu à une multitude d'hypothèses.

Les données archéologiques et linguistiques disponibles ne permettent pas de trancher mais elles établissent suffisamment l'ancienneté et la continuité de la présence des Berbères dans leur espace actuel pour qu'on puisse les qualifier d'autochtones [ ].

La question de l'origine des hautes densités montagnardes kabyles divise encore les historiens. Aux extrêmes s'opposent la thèse d'un peuplement dense très ancien, antérieur à la présence romaine, et celle d'un afflux tardif, consécutif à l'arrivée des Arabes [ ].

Toutefois, un relatif consensus se dégage sur plusieurs points. La présence de populations dans l'ensemble de la région, dès l'époque romaine au moins, paraît également attestée, le seul point encore en débat portant sur le peuplement du territoire relativement restreint, mais aussi le plus densément peuplé, que constitue le massif Agawa.

Les traditions locales paraissent corroborer l'hypothèse d'une dualité historique du peuplement kabyle. Jusque vers , la base de l'économie régionale reste une arboriculture de montagne dont l' olivier et le figuier constituent les deux piliers [ ]. Les productions céréalières sont l'apanage des quelques propriétaires de terres de fond de vallées mais, après la révolte de , celles-ci sont confisquées au profit des colons.

Quant à l'élevage, principalement caprin, quelquefois ovin ou bovin, il est limité par l'exiguïté des sols disponibles pour les pâturages [ ]. Avant la conquête française, l'une des principales sources de revenus extra-agricoles est constituée par l'artisanat et en particulier la fabrication des armes , le travail du bois et le tissage. La perte de l'indépendance entraîne la fermeture des fabriques d'armes et la confiscation des forêts.

Le tissage se maintient jusqu'à nos jours grâce à la demande persistante de burnous et de couvertures de laine mais a largement perdu de son importance économique. Beaucoup d'activités artisanales ont disparu et celles qui subsistent, comme la bijouterie , apparaissent très menacées [ ].

L' émigration est l'autre grande source de revenus complémentaires de la Kabylie précoloniale. Elle s'étend alors à toute l'Algérie et à une partie de la Tunisie, tout en conservant très généralement un caractère temporaire.

À la suite de la colonisation, qui en élargit le champ à la métropole française, elle devient un phénomène massif. Les équipements de base des villages comme les routes secondaires, les écoles, les bibliothèques, la rénovation des puits, l'entretien des moyens d'irrigation et les mosquées ont souvent été financés avec les revenus de l'émigration. Dans les pays d'accueil, les immigrés reconstituaient les assemblées de village tajmaat pour décider des projets pouvant bénéficier à la population.


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